LE VENT
Et voici que le vent, de cinglante manière,
S'invite dans ma vie, impatient et fougueux,
Echevelant mes nuits par d'antiques colères
En souffles haletants ; on dirait que, par jeu,
Il aime à chavirer en sa folle anarchie,
Les canots écumant la lagune normande,
Au gré de sa fureur et de sa fantaisie,
Hiver, automne, été et printemps, en offrande.
Moi, je l'ai rencontré le vent quand il se cambre
J'ai entendu sa voix hurlant dans les marais,
Lorsque le clair du jour se vet couleur de cendre,
Que le ciel s’abandonne et la lune se tait.
Autour des réverbères, il enroule ses ailes,
Dans l'ombre des beffrois, se propage la peur,
Et dans un tourbillon, s'envolent les ombrelles
Et tournent, à l’envers, les moulins de mon cœur.